S souche d'œil enflé lame sifflante d'œil malade la torche On peut penser à une lanterne au pied d'un mur un assaut final un dernier commandement A ces amants lâches qui ont choisi leur arrêt la mort bien sûr une lame fait le bruit d'un couteau le même éclat d'œil menaçant mais elle se marge aussi dans la continuité du sexe la lame fait trempe dans le plaisir comme un doigt dans de la cire chaude
découpe de lumière il y a découpe de lumière un tiré d'ombre un tiré de chair un plein chant d'ardoises creuses qui ont séchées sous les langues Les yeux sont voilés de coton le sexe nu effleuré par une lame de sabre japonais sort du ventre ne rien voir car tout est noir la perte absolue le mélange d'espérance n'est qu'une perte momentanée de la mémoire On y voit le matador de Manet étendu sur de la terre battue l'errance d'un seul homme tout le noir englouti en lui le noir complet et nu
Si la flamme sentait les mots aveugles et décousus si elle sentait le vide autour d'elle s'arrêterait-elle de tourner sur elle-même de découper de raies verticales un espace de vibrer
Un espace de vibrer aussi brefs que couteaux telle est la sentence que tourne le verbe quand il prévoit l'entrebâillement du vide sur lui-même l'objet entièrement converti depuis sa naissance à sa mort à sa chute Voilà pourquoi il est parfois si difficile de se tenir debout de lutter contre les éboulements et les arrêts les atermoiements les plus secrets qui nagent en dedans de soi depuis dans la blessure obscure du corps les premiers mots qui nous ont fait exister
L'existence entière peut-être soumise au plein feu de ces doutes au soupçon du vivace à l'incertitude du dépassement
Il faut penser à ces amants qui ont effacé avant même de l'entrevoir leur futur mais aussi à toutes les marges en luttes On meurt souvent dans une même journée le texte fait des tours sur lui-même il revient parfois à son point de départ il s'en fallait de peu pour qu'il chavire mais le chavirement qu'est-ce que le chavirement qu'est-ce que l'espace interrompu de sa propre course
L'écriture un balancement entre l'être et l'absence nager en dedans de soi en étranger tâtonnant
il y a une balance permanente comme un choix qui n'est jamais fait il suffirait d'éteindre l'assiette de la tourner sur la flamme aussi instable mais sûr d'elle pour qu'elle meure Mais c'est le noir qui résulte de cet acte un dépôt de suie recouvre le creux du plat
Recueillir la fumée saisir sa propre mort on peut la manger la lécher ainsi la déposer âcre sur le palais laisser des signes d'un doigt on en revient toujours à l'écriture on s'écrit par l'extinction de la mèche par si celle-ci éclatait il n'y aurait plus rien ou le temps d'une seconde un espace de dilatation dans la chaleur ou encore un espace de disparition encore plus gros un quasi trou noir cela revient au même la qualité de la présence ne se juge pas à la taille de la marque qu'elle laisse elle est proportionnellement identique à toute autre disparition on ne le dit jamais assez

J'ai branché mon amour sur un compact disque depuis tout s 'efface

Les ordinateurs vont trop vite programmes déjà malades infectés de virus mémoire assimilée par le cerveau-machine presses papiers lettres volantes non inscrites sans matière comment la mémoire peut-elle se tenir
en lui prêtant soin et attention risques de décharges d'effacement immédiat pannes crash on se croirait dans un avion mais le stationnement sur place est assuré résidences surveillées laissez le vent venir et la mémoire s'efface fragmentation perceptible mais comment faire autrement l'esprit est un état composite de lander en guerre

La torche brûle se lever est chose difficile il n'y a plus de point à résoudre tout est débâcle les freins sont mis avant la route

L'homme qui est mort qui cherche le sommeil et ne le trouve pas l'homme qui s'est arrêté de marcher a couvert ses traces il fait comme les animaux on ne le retrouve pas

Faut-il casser des pierres Faut-il casser des pierres Faut-il casser des pierres Faut-il casser des pierres Faut-il casser des pierres Faut-il casser des pierres Faut-il casser des pierres Faut-il casser des pierres Faut-il casser des pierres Faut-il casser des pierres Faut-il casser des pierres Faut-il casser des pierres Faut-il casser des pierres Faut-il casser des pierres
Il y aura d'autres pas jusqu'à la déroute
Au final la même question qui tremble qui barre

La mollesse L'étrange saleté amas de textures informes organisées pourtant qui ont fait

Naître qui ont fait pourtant chacune des secondes
qui ont menée l'angoisse à terme

La même question qui barre qui a pris forme qui a déteint sur le jour car le jour a pris forme par la nuit il s'est senti attiré la nuit a fondu toute crevée un ballon éclaté sur la chair une poupée de chiffon que l'on a percée à grand coup de couteau en cloque le tissu s'arrache prend part à la vérité du déchirement qui a lieu à la révélation éclatante c'est dans la durée que tout a commencer c'est par elle que tout prend fin sans mesures et pourtant sans éclats nous assistons à chaque angle à la grande démarque

Toujours la même question qui tremble qu'es-tu devenu autre point attaché importance mélancolique le bâton qu'on retourne dix fois dans sa bouche tant qu'il finit par atteindre l'œil le crever qui travaille le cœur la raison d'être s'entortille fait des nœuds intraduisibles incorrigibles même avec un programme bien agencé nous ne pouvons remonter à la surface des cerveaux rentables nous ne fonctionnons pas sous l'action de programmes mais comme eux nos parcours sont truffés d'erreurs de trous de vides fragmentés mémorisés sauvegardables

C'est pourquoi le S fait le tour dans la bouche passe derrière le crâne et signe un trou noir aigu un dont on ne se lève pas un qui pendait au dessus du crâne

La terre prend le goût de la bouche le ventre le goût du sexe qui s'éloigne le vent l'absurdité des portes qui claquent l'homme le vertige de la pente bientôt du creux sans fond sans nuages sans désespoir aucun auquel s'identifier la lumière du vide sa langue transpire il a mal mais sans saigner du moins pas devant lui toujours à reculons