Sibylle RUPPERT

 

 

C'est après la publication d'un portfolio illustrant les Chants de Maldoror de Lautréamont que les dessins de Sibylle Ruppert purent être connus par un large public. Son nom avait déjà marqué plusieurs journaux et recueils (dont les ouvrages de R. Villeneuve), s'était déjà distingué dans plusieurs galeries (dont, à Francfort, la galerie de Heinrich Von Sydow, où son ami H.R. Giger avait fait ses premières armes), pour en faire l'un des grands patronymes de la peinture figurative et morbide - au travers de grands formats au fusain, mêlant étroitement la mort et la sexualité dans une dislocation tourbillonnante, un déchirement frénétique partagé par des agrégats de corps emmêlés. Ainsi l'univers de Sade, qu'elle illustra par ailleurs, ou celui de Bataille, rappellent dans leurs mots ce foisonnement inquiétant, cette exubérance dérangeante. Après la désaffection des galeries et des collectionneurs, dû à une conjoncture économique défavorable doublée d'un désintérêt pour ces formes d'art, elle s'est reconverti dans la psychologie, toujours fascinée par ces zones d'ombre et de violence de l'esprit humain. Elle est aujourd'hui art-thérapeute, travaillant dans des hôpitaux et des prisons avec des toxicomanes et des psychotiques.

Présentation tirée de la Rose Noire N°6.

 

Bibliographie sélective :
Les Chants de Maldoror, portfolio, Ed. Natiris.

Article :
Rose Noire N°6