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La Femme ?
Mais il faut que la chair exulte comme une écharde
sous la peau. SIMULACRE et RITUEL. Des femmes comme un steak obscène
sous les néons. Médiatisation du coït niveleur,
imposture d'un simulacre de libération. Ce que l'Homme Moyen
- L'UNTERMENSCH - touche, il le souille de son impardonnable médiocrité
vers une pénurie d'horizon émotionnel s'approchant
du néant. Image de la femme aseptisée et soumise,
le trou du cul ouvert devant le Grand Capital, en levrette devant
l'éternel Veau d'Or. Masculinisée vers une éternelle
et dérisoire compétitivité ; inféodée
à nos critères de mâles dominants. Les apprentis
sorciers de nos viscères ont détournés les
énergies érotiques, l'expurgeant de toute forme de
Spiritualité, nous stimulant sexuellement d'une overdose
certaine pour provoquer en nous le réflexe toujours potentiel
de l'achat. Des mains étrangères qui fouillent les
entrailles de femelles offertes à la multitude ; cette souillure
du nombre. Nous avons perdu le sens de l'Erotisme Sacré,
le respect de wazzu l'esthétisme pur dans un monde constamment
violé par l'obscène purulence. Tout est noyé
dans la masse, dans une bouillie infecte et informe aux relents
de frustration et de manipulation . Bientôt, plus moyen d'échapper
au chancre virtuel. Mais nous ne cessons d'avaler comme des porcs
engraissés et éternellement affamés les images
stéréotypes du Pouvoir
Le danger du futur immédiat, c'est la normalisation du monde.
La même merde reproduite à des milliards d'exemplaires
est diffusée sur les quatre coins de la planète
Un
cul anonyme et ouvert, ventant les vertus de la matraque ergonomique,
placardé jusque dans la jungle de Bornéo au désert
d'Alamogordo
Le suicide ?
" Et je vois que les morts étaient plus
vivant que les vivants. "
L'ECCLESIASTE
Tout pue jusqu'à l'outrage et le simulacre
perdure vers l'horizon chiasseux et sanglant, comme les hémorroïdes
existentielles d'eunuques parfaits et assistés
Regarde
ta gueule au fond du mouroir à gauche, l'il de Caen
est bourré de vermine blanche, et il ne voit rien que le
néant de la merde qui est encore de la merde
Le merdier
existentiel. Tout doit être dit comme un missile de lumière.
La vérité est la fission froide. Le MOKSHA aux latrines
! Cet éclair soudain de lucidité pure ; si ce n'est
LA SUA VOLUNTATE E NOSTRA PACE
L'espérance, cet espoir
rance
KIBO NO HIKARI. Tout est simulacre analgésique.
Nous sommes dans la nuit. " La stagnation des hommes mauvais
ne favorise pas la persévérance de l'homme noble "
nous dit le YI KING. Imposture du langage et des signes. La confusion
et l'incendie. Tout se consume mais rien n'est consommé.
La vie végétative stockée et éteinte
au fond des crânes mous. L'abdication. Masochisme et atavisme
pervertis. Et l'homme GRIS, ce singe domestique, qui n'a même
pas le courage de la noirceur, gémissant et satisfait dans
ce siècle à vomir d'un quotidien soumis aux impératifs
de la survie. Le Venin est en nous, inoculé, il faut purger
la vipère, la faradisation de l'épine dorsale, l'électrochoc
entre les faux-semblants est le terreau pourrissant. Il est trop
tard pour ne plus savoir. Et le pire est à venir pour mille
ans encore, le Matérialisme Religieux, cette perversion du
Siècle des Lumières désincarnée de toute
Spiritualité. L'aliénation totale des prisonniers
de l'Inutile que nous ne cesserons de devenir.
Mais dans la nuit froide et silencieuse, tu entends malgré
tout la mémoire résiduelle de l'Univers, ce lent pourrissement
cosmique, ce craquement muet. Lumière désagrégée
de l'Entropie finale. Et des météores tombant sur
la terre comme les peaux mortes du Dieu agonisant sur les acariens
et autres nématodes que nous sommes. Rien de plus
Et
l'Univers qui va en se complexifiant, de l'hypothétique Big
Bang au suicide collectif
Puisque LA MORT, COMME L'UNIVERS,
EST EN EXPANSION.
Rose Noire N°4,
hiver 1997.
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