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Dans le courant de l'été, Ambre
et Lionel Tran ont sorti, aux éditions Six Pieds sous Terre (Jade),
leur première collaboration : le Journal d'un Loser. Un récit autobiographique,
résultant de trois ans de travail. Il n'est jamais bien évident
de se plier à la logique de l'interview envers des personnes que
l'on connaît - impossible de se départir des images que l'on s'est
fait de leur travail, de le regarder avec une distance suffisante
pour s'assimiler au lecteur et faire en sorte que le dialogue qu'il
découvre ne ressemble pas à un échange qui ne le prend pas en compte.
Cette introduction a donc valeur d'avertissement : ce qui suit est
plus un échange de points de vue (car j'ai renoncé à pouvoir faire
une réelle "interview") qu'une série de questions et de réponses.
Après une première discussion, où nous avons échangé nos approches
du Journal d'un Loser, j'ai envoyé dans un courrier les remarques
qui me tenaient le plus à cœur, sous une forme vaguement interrogative,
aux auteurs. Ils y ont répondu, nous en avons rediscuté à demi-mots
; ce fut un exercice difficile, mais qui j'espère apportera au lecteur
une part de l'intensité de cet échange, plus, peut-être, qu'un dialogue
confortable.
Rose Noire : Une question habituelle mais qui reste
quand même intéressante, je pense, est de savoir comment s'est passée
votre collaboration, quel furent vos rôles, vos limitations à chacun,
même si c'est un peu éclairé par certains passages du livre…
Ambre : Je crois que notre collaboration s'est déroulée le plus
simplement possible. Nous travaillions chacun dans notre coin ;
Lionel écrivait tout d'abord un synopsis détaillé, dans lequel je
piochais les éléments que je pensais être capable de mettre en images.
Il fallait condenser un peu le tout pour que cela rentre dans un
nombre de pages restreint. A partir de là, je faisais un découpage
que Lionel s'empressait de remodifier. Ensuite les planches étaient
réalisées - je dessinais en moyenne 5 planches par mois, ce qui
est relativement peu - , mais avec des aller-retour, des sauts et
des modifications continuelles. Un dernier "écrèmage" était ensuite
nécessaire pour enlever les lourdeurs, les zones d'ombre, … Quant
aux rôles… Sans doute Lionel avait-il un rôle "conceptuel", tandis
que j'étais plutôt l'imagier. Et puis on ne se prenait pas tout
le temps au sérieux.
R. N. : La fin laisse une étrange impression, peut-être un sentiment
d'inachevé, d'incomplétude, avec une succession de conclusions (entre
la dernière scénette, triste, qui se pose en opposition à l'apaisement
progressif, à la montée du récit qui se clôture dans le jardin en
une première proposition de dénouement, puis l'arrivée des photos
qui apporte une autre sortie) ; pour ma part cela m'a un peu dérangé,
comme si c'était un moyen de ne pas trancher ; était-ce effectivement
le sentiment poursuivi ?
Lionel Tran : Il y avait le désir de laisser résonner une dernière
fois l'appréhension qui martèle le récit. La dernière scène est
comme un coup de balancier qui vient frapper la cloche alors que
l'on pouvait penser qu'elle avait finit de sonner. Ce coup nous
surprend peut-être parce qu'il est beaucoup plus espacé. La cloche
sonne encore une fois. Elle n'avait donc pas fini. D'ailleurs, serait-il
souhaitable qu'elle ne sonne plus du tout ?
R. N. : Est-ce une poursuite, une illustration dans la forme
de l'album même (et non plus seulement dans les propos du "héros")
de cette volonté de ne pas pouvoir, de ne pas vouloir s'engager
qui hante le narrateur de bout en bout du livre ?
L. T. : La vie glisse entre les doigts du narrateur, qui s'en désole.
Le fait qu'il soit prêt à l'accepter ne change en rien son peu d'emprise
sur l'existence. Tout au plus cessera-t-il de s'en lamenter à haute
voix et se laissera-t-il charrier par le flot. Il n'a pas une "volonté
de ne pas pouvoir ", il est impuissant. J'espère que l'album reflète
effectivement ce sentiment, qu'il ruisselle entre les doigts du
lecteur, qu'il lui échappe. Les scènes de la dernière partie, comme
celle du jardin donnent peut-être l'impression d'une éclaircie,
le rythme se ralenti et le lecteur sent qu'il est sur le point de
saisir le récit mais celui-ci glisse à nouveau…
R. N. : Comment s'est construite cette fin ?
L. T. : Le livre s'est bâti jusqu'à la dernière partie sur les bases
que nous avions posées lors de nos premières discussions. Au début
nous nous sommes efforcés de nous rapprocher du sentiment que nous
voulions faire passer. Cela s'est fait sous forme de scènes qui
fonctionnaient indépendamment. A partir de là, la question de l'évolution
de ce sentiment, de la mise en perspective et de l'enchaînement
de ces scènes est devenu un problème majeur. Je présentais le fil
conducteur mais je ne savais absolument pas comment le refléter
dans le récit même. J'ai élaboré plusieurs structures narratives,
qui ne fonctionnaient pas, parce qu'elles étaient trop artificielles.
Finalement, j'ai disposé chronologiquement les scènes (c'est à dire
dans l'ordre dans lequel elles avaient été réalisées), ce qui n'avait
jusque là jamais été envisagé. Puis la fin s'est construite d'elle-même.
R. N. : J'ai eu l'impression que les photos qu'il y a à la fin
du livre amènent au concret, à l'apaisement, à l'acceptation du
monde dans ce qu'il a de plus matériel, presque archaïque ; était-ce
ce sentiment qui vous importait dans le choix de ces photos ? Quel
a été le rôle de Valérie Berge ?
L. T. : Vu la nature du récit, Ambre à très vite senti qu'il aurait
besoin de photos à partir desquelles travailler. Valérie Berge prenait
des photos de notre entourage depuis plusieurs années, alors elle
lui en a prêté. Ensuite elle a réalisé spécialement des photos pour
certaines scènes - nous devions faire une scène devant le magnétoscope,
on lui disait et au cours d'une soirée vidéo elle prenait des images,
comme s'il s'agissait d'un reportage. Son regard est très présent
dans le livre. Que ce soit dans les textures ou dans les regards,
les attitudes des personnages. Elle est la "directrice photographique"
de l'album, sans elle Le journal d'un loser n'aurait pas ce rendu.
Et pourtant ce travail reste invisible pour le lecteur, il fallait
donc trouver un moyen de lui rendre justice. Ça nous a semblé intéressant
d'encadrer l'album avec des natures mortes, qui sont une autre facette
de son travail et qui apportent un regard différent de celui qu'il
y a dans le récit. Nous voulions quelque chose de "concret" mais
qui reste ouvert. Si on avait utilisé ses portraits cela aurait
peut-être cassé le sentiment qu'il y a dans le livre, en rendant
les personnages trop réels. Elle a pris ces photos pendant que nous
terminions l'album.
A. : C'est vrai que les photos sont venues là simplement, parce
qu'on sentait intuitivement qu'elles avaient leur mot à dire, voire
qu'elles ajoutaient quelque chose. Elles sont liées à des choses
très personnelles, et en même temps elles sont largement symboliques.
L. T. : J'ai une petite idée sur le sens de ces images, il me semble
évident que la première est liée aux trois dernières... Disons qu'il
s'agit d'une serrure qui ouvre et qui referme le livre. Chacun l'ouvrira
à sa manière.
R. N. : Deux personnages se répondent particulièrement dans le
livre : Luc Trauma et Michel. Au travers de cette relation, on a
un peu l'impression que Luc voit son avenir dans le passé de Michel,
un écrivain perdu comme lui qui a fait plus de chemin parce qu'il
est né plus tôt…
L. T. : C'est vraisemblable, mais je ne cherche pas trop à l'analyser.
Ce qui m'intéressait dans le personnage de Michel, c'est qu'il incarnait
un lien entre les années70 et les années 90 omettant les années
80. Il est le trait d'union entre la génération de nos parents et
la nôtre. Il s'éveille après avoir traversé un cauchemar qui a duré
dix ans dont il n'a plus aucun souvenir. Le monde dans lequel il
se retrouve lui semble beaucoup plus vide et oppressant, et pourtant
il saisit les transformations qui affectent ce monde beaucoup plus
que Luc, qui lui est dépassé par ces mutations.
R.N. : A la fin, l'aveu de la peur de la perte de cohésion du
récit se substitue à cette éventuelle fragmentation en devenant
lui-même un fil conducteur ; un peu comme l'histoire du serpent
qui se mort la queue. On rend explicite la raison du livre, en disant
le pourquoi on le fait, sa façon, en disant le comment on le fait,
comment on le construit, on le réfléchit. On touche d'autre part
là aussi à une mécanique particulière qui semble très moderne, et
étroitement enlacée au principe de l'autobiographie, de la confession
intime...
L. T. : Je savais, intuitivement quelle était la ligne de fond du
récit, le sentiment que je désirais qu'il transmette et cela a structuré
nos recherches durant l'élaboration du livre, mais est venu un moment
où nos intentions nous ont paru voler en éclat, ou peut-être devenir
tellement claires qu'on ne parvenait plus à les discerner. Dans
"Le journal du regard" Bernard Noël dit à un moment donné : "Vivre,
c'est sortir de la représentation, mais dès que nous en sortons
nous ne savons plus ce que nous vivons." Nous avouer cela a été
extrêmement difficile. Nous savions pertinemment que cela risquait
d'exclure le lecteur du récit.
A. : C'est une façon de raconter qui s'est imposée à nous à ce moment-là.
Comme un péché de jeunesse ; on sait que ce n'est pas bien, mais
on ne peut pas s'empêcher de le faire par curiosité, pour voir comment
ça se passe.
L. T. : Ce type de dispositif, qui témoigne d'une déchirure de la
représentation, est récurant aujourd'hui. Pendant la réalisation
du "Journal d'un loser", j'ai été marqué par un film de Raymon Depardon
qui s'intitule "Afrique, comment ça va avec la douleur ?". Il s'agit
d'un documentaire qu'il a réalisé seul, équipé d'une petite caméra
vidéo. Le film retrace son périple depuis la pointe sud de l'Afrique
jusqu'à l'Afrique du nord. Le film commence comme les documentaires
auxquels il nous a accoutumés : cadrage fixe, regard "neutre", empreint
d'humanité. Puis petit à petit la caméra se met à tourner dans le
vide. Elle est fixée sur un trépied et fait des panoramiques à 360°
pendant de longues minutes. Les rares commentaires paraissent gênés,
on sent qu'il a du mal à trouver une prise sur ce qui l'entoure.
Le film alterne ces prises très lentes avec des prises caméra à
l'épaule, dans un hôpital par exemple, où le regard fuit ce qu'il
voit. Sur la fin il se retrouve dans un village où il avait séjourné
pendant le tournage d'un précédent film. Il est heureux d'arriver
là parce qu'il s'y sent à sa place, il demande aux habitants comment
va un tel, ce qu'il devient… Et là se produit quelque chose d'assez
violent : la voix se dédouble et en voix off il commente ce qui
est réellement en train de se passer : c'est à dire qu'il essaie
d'établir un lien avec ces gens alors qu'il n'est rien pour eux,
qu'ils l'ont oublié. Il décide d'interrompre son voyage et sur le
chemin de retour il analyse les raisons qui l'ont poussé à entreprendre
ce film. Le film s'achève en France, dans la cours de sa ferme natale,
où la caméra tourne sur elle-même. En fait, comme il se l'avoue,
cela n'était pas un film sur l'Afrique, mais un retour aux sources
de la mémoire. Et tu vois, le fait qu'il fasse cela, alors que son
travail a toujours été une mise en saillie du réel, a été déterminant
pour la conclusion du "Journal".
A. : Je n'ai pas vu le film de Depardon. Mais je suis en phase avec
ce que Lionel veut dire par "un retour aux sources de la mémoire".
Dire "je n'ai rien à dire" peut paraître choquant, mais c'est une
façon, je crois, de chercher une certaine liberté pour raconter,
justement.
L. T. : Quand on commence un travail on croit savoir où l'on va
et puis il s'avère que l'on ne sait pas. Et c'est ça qui est intéressant,
c'est un voyage, qui nous transforme en cours de route. J'ai l'impression
que la vie est comme ça, non ?
R. N. (Question à Lionel) : D'autre part, comme je l'ai lu dans
les textes qui paraîtront chez le Dernier Cri ("Doux Jésus", à paraître),
le dernier volet de cette série utilise un peu le même procédé,
avec juste un ton plus dur. N'as-tu pas peur de la redondance ?
Ou est-ce là une chose propre à Luc Trauma, ce côté de ta plume
qui se penche sur lui-même ? Un peu une impasse oppressante qu'il
ne saurait éviter ?
L. T. : Les textes qu'il y a dans "Doux Jésus" ont été écrits dans
le même laps de temps que l'album. La structure de ce recueil a
été élaborée peu après la fin de l'album. Il y a donc peut-être
effectivement des similitudes entre les deux. En tout cas, il est
vrai que le "Journal" m'a aidé à accoucher de "Doux Jésus". Le travail
de réécriture sur les nouvelles en a été assez proche et les textes
très courts qui servent à articuler le recueil avaient été une des
hypothèses de structure du Journal que nous n'avons pas retenue.
La fin du Journal conduit à une dissolution, qui laisse respirer
le livre. Tandis que dans "Doux Jésus", la dernière nouvelle, en
apportant un élément de compréhension nouveau, amènerait plutôt
à une reconstruction de ce que l'on a lu précédemment et en fait
un livre beaucoup plus étouffant. C'est vrai que j'aime beaucoup
les systèmes, les réseaux labyrinthiques - c'est peut être pour
me rassurer en essayant de construire une structure autour de choses
qui m'échappent, c'est peut-être aussi la recherche d'un squelette
narratif "idéal" à partir duquel donner corps à une histoire. C'est
quelque chose que je continuerai à explorer.
R.N. : L'autobiographie est un domaine très particulier. On peut
aussi rejoindre au travers de ça (et surtout dans "Le journal d'un
loser", qui reste proche de ce que tu appelais avec justesse un
portrait de génération) un certain "naturalisme"…
A. : Oui… mais nous insistons : Le journal d'un loser n'est pas
à proprement parler "autobiographique". Une autobiographie est un
bilan, écrit généralement à la fin, ou au moins à la moitié d'une
vie. Il fait état d'un certain recul, ce qui n'est pas le cas d'un
journal. Le journal d'un loser serait plutôt un journal fictif à
deux dans lequel deux points de vue subjectifs se mélangent et forment
un monstre de point de vue - ce qui du coup est peut-être plus objectif.
L. T. : Nous avons conçu le Journal comme une sorte de reportage,
teinté de fiction intimiste. Dès le début nous avions décidé qu'il
faudrait telle ou telle saveur propre à notre génération. Nous avons
fait une liste et pendant deux ans nous sommes allés chercher ces
ingrédients autour de nous. Je ne te les détaillerai pas parce que
se serait un peu révéler nos secrets de cuisine, mais je peux te
dire que cela était très précis et que la plupart de ces ingrédients
se retrouvent dans l'album, même si on ne les discerne pas au premier
abord.
R. N. : Il y avait dans le précédant album d'Ambre, "Chute" (ed.
Six Pieds sous Terre), un côté aussi autobiographique (plus ou moins
vrai, en tout cas dans le récit on le prenait comme tel) ; mais
dans ce dernier c'était des sentiments, le monde vu par les yeux
du narrateur qui se faisait. Ici on est face à la vie narrée de
l'auteur lui-même, le "je " raconte la vie d'un autre, de quelqu'un
qui se regarde. Est-ce un moyen de marquer cette distance qui se
fait entre lui et les autres, lui et lui-même ?
L. T. : Nous avons surtout cherché à faire quelque chose de juste.
Je crois que la saveur contemporaine, qui a été notre point de départ,
nous a fait bifurquer, petit à petit, vers autre chose. Je ne souhaite
pas l'analyser, parce que moi-même je ne me l'explique pas. A l'arrivée
je pense que nous avons obtenu une texture, une ligne mélodique.
Peut-être n'est-ce même qu'une seule note longuement étirée, qui
subit d'infimes variations. Cela est à la fois très abstrait, minimal
et en même temps concret, palpable. Maintenant que le livre est
terminé, c'est au lecteur d'en faire ce qu'il en veut.
R. N. : Il est étonnant de voir les langages différents de chaque
personnage dans l'album, notamment celui de Luc Trauma qui semble
toujours s'exprimer par aphorismes ; cela accentue le clivage qu'il
décrit, son incapacité de s'exprimer sans distance, sans apparat
; et hormis quelques figures emblématiques (Michel, Arnaud et Marie),
qui se démarquent un peu plus de par leur présence dans les scènes
intimistes, tous les autres intervenants sont emmêlés dans un brouhaha
d'identités qui semblent complètement interchangeables, confusionnelles.
Est-ce que je vais trop loin en disant ça ?
A. : Non. Je crois que la réalité de chacun d'entre nous, c'est
ça : une poignée d'individus très proches. Le reste n'est que silhouettes
floues, incompréhension, fantasmes…
L. T. : Le problème de Luc, c'est qu'il cherche dans ses relations
avec les autres une emprise sur le monde qu'il ne peut pas avoir.
Peut-être le comprend-il à la fin de l'album…
R. N. : Le style graphique d'Ambre a beaucoup changé aussi, beaucoup
plus proche de la réalité, moins onirique, faisant même intervenir
des éléments concrets (jeux vidéos, films). Est-ce là un caractère
que vous avez choisi ensemble ?
A. : C'est vrai que c'est la première fois que je dessine un
récit aussi réaliste. Mais ça s'est fait comme ça, sans que je le
prévois, ni ne le veuille. C'est ce qui me semblait le plus approprié
pour ce récit.
L. T. : Le fait que les seules images "réelles", en omettant les
natures mortes du début et de la fin qui constituent l'habillage
du livre, soient des images artificielles n'est pas un hasard. C'est
peut-être les seules séquences (auxquelles tu peux ajouter les cases
du comics dans la scène de la librairie) où il se passe quelque
chose de trépidant. Comme si ces représentations synthétiques se
donnaient immédiatement à la vue, d'une manière beaucoup plus facilement
lisible et que nous leur accordions plus de crédit qu'à notre propre
perception du monde, qui en comparaison peut sembler morne et laborieuse.
A : Il me paraissait logique d'inclure des photos d'écran plutôt
que d'essayer de reproduire manuellement les pixels d'un écran.
Et puis je trouvais amusant que ce qui était représenté sur un écran
soit perçu comme plus réel et plus digne de foi que la réalité.
R.N. : Comment la personne dont s'inspire le personnage de Michel
a pris cette histoire ?
A. : On ne sait pas. Apparemment Michel n'est pour lui qu'un personnage.
R.N. : Avez-vous des projets à venir, de nouvelles collaborations
en vue comme vous l'avouez dans le Journal ?
A. : "Le Journal d'un Loser" m'a pris pas mal de mon temps, et ce
n'est que depuis peu que je me suis remis à des récits courts. Un
long récit en solo est en plan, j'espère qu'il verra le jour au
cours de l'année 2000.
L. T. : Cette année nous avons fait deux courts récits, dont un
chapitre inédit du Journal d'un loser, qui ne s'intégrait pas dans
l'album. Nous avons discuté d'un autre album, mais nous savons que
ce sera un long voyage, nous nous y préparons. Dans l'intervalle
nous travaillons chacun des projets dans notre coin. Il y a des
chances pour que nous fassions un autre récit avant de s'attaquer
à ce long album, je suis en train de prendre des notes dessus, mais
je préfère ne pas trop en parler.
R. N. : Pourquoi Ambre (enfin Arnaud) fait-il toujours " hin-hin
" tout le temps ?
L. T. : J'ai l'impression qu'il ressent la gravité de la situation
et que cela le rend un peu nerveux. En même temps il n'est pas dupe
du peu d'importance de tout ça.
Rose Noire N°6,
Janvier 2000.
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